Politique monétaire dans les économies avancées

30 juin 2008

La politique monétaire dans les économies avancées a été confrontée à deux défis contradictoires au cours de la période analysée. D'un côté, les tensions sur les marchés financiers ont menacé de se répercuter sur l'économie réelle du fait du resserrement des conditions de crédit et d'une détérioration de la confiance. D'un autre côté, les tensions inflationnistes dues au renchérissement des produits de base, conjuguées à un haut niveau d'utilisation des capacités et à des marchés du travail tendus dans nombre d'économies, ont menacé d'alimenter les anticipations d'inflation à long terme. Les différentes formes sous lesquelles ces défis se sont manifestés peuvent expliquer, du moins en partie, la diversité des ripostes des banques centrales. C'est ainsi que la Réserve fédérale a abaissé fortement son taux directeur, de 5,25 % à 2 %, tandis que la BCE et la Banque du Japon maintenaient le leur inchangé.

Le réglage des taux d'intérêt n'a constitué qu'une des mesures adoptées par les banques centrales pour répondre au bouleversement des marchés financiers. Avant même que les turbulences ne les conduisent à ajuster leur taux cible, plusieurs banques centrales ont adapté leur cadre opérationnel, par diverses mesures exceptionnelles et inédites, pour maintenir les taux de référence à des niveaux proches de leur objectif et fournir des financements sur les marchés devenus illiquides. Les différents types d'opérations menées et les raisons qui les ont motivées sont examinés en fin de chapitre.